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Les microphones
Bien les connaître pour bien les utiliser
    

Les caractéristiques à connaître pour bien choisir et utiliser un microphone (1/4)
Les technologies de transduction et la directivité

La connaissance des outils de prise de son que constituent les microphones est primordiale à plusieurs égards :

  • 1. Le micro est le premier instrument de la chaîne audio, et donc un signal de mauvaise qualité émanant de sa part se retrouvera tout au long de celle-ci. Il est en effet souvent pris comme idée reçue que les traitements de post-production (mixage, traitement du signal, mastering.) vont améliorer l'ensemble de ce signal. Ceci est totalement faux, car ces opérations permettront tout au plus de dégager partiellement une information utile, mais au détriment de la qualité du son lui-même. Lorsque ces traitement de post-production sont utilisés dans un but esthétique ou artistique, il trouvent là leur place, en revanche, ils ne peuvent en rien améliorer la qualité technique d'une prise de son, ou alors dans de très rares cas.
  • 2. Chaque micro a sa propre "personnalité". Un micro ne retranscrira jamais exactement l'onde acoustique qui lui parvient, car de par sa constitution matérielle, certains de ses éléments vont entrer en résonance, alors que d'autres au contraire amortiront certaines parties de l'onde. On dira alors que le micro "colore" le signal, ce qui mènera à parler de la "couleur sonore" d'un micro.
  • 3. Chaque micro a également ses points forts et ses points faibles : certains ne supporteront pas l'humidité, alors que d'autres pourront quasiment être immergés sans aucune dégradation. Alors que les premiers seront d'une précision à toute épreuve, au contraire, les seconds laisseront à désirer de ce côte là. Bien souvent, le choix sera une question de compromis.

De la connaissance de ses micros naît l'imagination du preneur de son, qui ne se contente pas seulement de faire en sorte qu'une information soit intelligible, mais qui apporte, par le point de vue que constitue son ou ses micros, une dimension supplémentaire par rapport à cette information, et qui peut être autant d'ordre esthétique qu'artistique ou sémantique.

La technologie de transduction d'un microphone :

La transduction d'un microphone est la capacité de celui-ci à convertir une oscillation acoustique (i.e. mécanique) en oscillation électrique que l'on pourra ensuite exploiter dans une chaîne audio. Il existe divers modes de transduction, qui ont tous toutefois un point commun : un élément élastique, léger, très fin et extrêmement fragile que l'on appelle la membrane.
C'est cette membrane qui va se charger de récupérer les ondes acoustiques, en entrant en vibration selon les variations de pression engendrées par celles-ci. Elle va retransmettre ce mouvement sous forme d'une contrainte (i.e. une force) exercée sur un système capable de convertir celle-ci en tension ou en courant. C'est ce dernier élément qui va déterminer le mode de transduction. On distinguera les modes électrodynamique, électrostatique, à électret, à ruban, piézoélectrique, à grenaille et à plasma. Ces modes sont détaillés dans la fiche les types de micros existants qui retrace leur mode de fonctionnement ainsi que leurs qualités.

C'est souvent le mode de transduction qui déterminera la fragilité d'un microphone, et donc les conditions "limites" d'utilisation de celui-ci, à savoir si on peut le mettre entre les mains d'un artiste énervé sur scène, le prendre en tournage dans la forêt amazonienne avec 95% d'humidité, etc.

La directivité d'un microphone :

Il s'agit là d'un paramètre fondamental, puisque c'est celui qu'on exploitera à la prise de son pour isoler ou privilégier une source par rapport à l'environnement sonore dans lequel elle est prise.

Définition de la directivité

La directivité d'un microphone, c'est sa capacité à être plus ou moins sensible selon l'angle d'où provient une source sonore.

Exemple : On capte la même source S, avec le même micro, à la même distance d, mais à deux angles différents.

Si le signal sorti du micro est plus élevé pour 0° que pour 90°, alors ce micro est dit directif vers l'avant. Si le signal est identique pour ces deux angles, alors le micro n'est pas plus directif pour l'un que pour l'autre.

On déterminera le type de directivité d'un microphone en se fondant sur la répartition de la sensibilité en fonction de l'angle d'incidence des sources. On aura pour chaque micro un diagramme polaire représentatif de son type de directivité qui permettra d'évaluer grossièrement celle-ci au premier coup d'oil.

Exemple : On a ici un diagramme de directivité dit "cardioïde" (forme de cour inversé). Comme dans tout diagramme de directivité, le point O représente le centre de la membrane, l'axe [Ox) l'axe frontal du micro et [Oy) l'axe transversal.

La courbe en forme de cour permet de donner la sensibilité du micro en fonction de l'angle d'incidence. On prend toujours 0 dB comme référence pour l'axe frontal et on évalue la sensibilité selon les autres angles d'incidences par rapport à ce 0dB.

Par exemple dans le cas présent, pour un angle d'incidence de 45°, la sensibilité du micro sera de -2 dB par rapport à l'axe frontal. Pour un angle d'incidence de 90°, elle ne sera plus que de -6dB.

Enfin pour un angle d'incidence de 180° (i.e. front d'onde venant de l'arrière du micro, elle sera de [-]l'infini.

 

 



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